Explorer le Costa Rica

J’ai toujours su que je ferais un voyage humanitaire.

C’est pourquoi, lorsque j’ai appris que mon école secondaire organisait un voyage au Costa Rica, j’ai sauté sur l’occasion.

Cela fait déjà trois ans et je m’en souviens comme si c’était hier. Les souvenirs remontent doucement à la surface au moment même où j’écris ces lignes.

J’avais 16 ans et j’avais déjà cette soif de voir le monde par moi-même. C’était mon premier vrai voyage sans ma famille. J’étais tellement excitée à l’idée de partir.

Pourtant, je ne connaissais que légèrement les autres élèves qui faisaient partie du voyage. Ça ne m’a pas empêchée de m’inscrire. Il ne faut pas se priver de vivre de grandes choses par peur d’être seul. C’est souvent dans ces moments-là que des opportunités inattendues s’offrent à nous. Je ne le savais pas encore, mais certaines personnes dans ce groupe deviendraient mes meilleurs amis.

Ainsi, on était un peu plus d’une vingtaine de jeunes en secondaire quatre et cinq, accompagnés de deux charmantes professeures pétillantes d’énergie. On avait eu quelques rencontres préparatoires avant le départ pour se familiariser avec la culture de ce pays et tisser des liens.

C’est donc le 20 février 2016 que j’ai fermé ma grosse valise et que j’ai filé jusqu’à l’aéroport d’Ottawa. Ma mère était tout émue de me laisser partir pour la première fois. Dans l’avion, j’avais la chance d’avoir une fenêtre du côté hublot et c’était l’un des plus beaux couchers de soleils que je n’avais jamais vu. Je sentais déjà que ce serait un merveilleux voyage.

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Quelques heures et une escale plus tard, on atterrissait dans ce nouveau pays, entre le Nicaragua et le Panama. Une petite navette est venue nous chercher à l’aéroport de Liberia et, par manque de place, le chauffeur a empilé toutes nos valises en une grosse montagne sur le toit. On surveillait constamment la route derrière nous pour s’assurer que rien ne tombe en route! Il faisait nuit et la lune traçait les ombres des palmiers au sol. Le ciel était constellé de milliers d’étoiles. J’étais incroyablement heureuse.

On a passé notre première nuit dans un hôtel directement sur le bord de la route, très bruyant et légèrement délabré, mais l’enthousiasme de cette nouvelle aventure a pris le dessus. Le lendemain matin, le chant du coq nous a réveillés très, très tôt. J’ai eu la chance de goûter pour la première fois à du café, produit localement. Toutefois, ma première expérience a été quelque peu gâchée par une erreur d’inattention de ma part : j’ai confondu le sel et le sucre! (oups…)

Ce jour-là, on avait quelques heures de route à faire pour se rendre jusqu’au village où nous passerions les deux prochaines semaines. Ce que j’ai remarqué en premier, c’était l’abondance de végétation et le paysage montagneux. Partout où je posais le regard, des palmiers immenses étaient recouverts de plantes grimpantes et la jungle s’étendait à perte de vue dans un arc-en-ciel de fleurs tropicales.

Rivière

Notre premier arrêt était Puntarenas, une péninsule étroite sur la côte ouest. On s’est approchés de l’océan avec fébrilité. Le sentiment de bonheur qu’on a ressenti était indescriptible. L’océan m’a toujours fasciné et j’étais si heureuse d’y remettre les pieds. Nous avons ensuite marché pendant ce qui semblait des heures pour trouver un restaurant qui accueillerait vingt-cinq personnes. Le repas qu’on nous a servi était délicieux et le thé glacé l’était encore plus!

Après le dîner, on avait un peu de temps libre. La chaleur était forte et l’eau était tentante, mais nos maillots de bains étaient dans notre valise dans l’autobus. Est-ce que ça nous a empêchés? Pas du tout! Mes amis et moi, on a passé par-dessus la clôture et on a sauté tout habillés dans l’océan! Le moment était parfait, j’en souris encore juste à y penser. Nos professeures sont arrivées au même moment et n’ont pu s’empêcher d’éclater de rire devant la situation. Comme quoi les décisions spontanées font souvent les meilleures anecdotes!

En fin de journée, nous arrivions dans la ville de San Ramón, dans la province d’Alajuela, où les familles qui nous hébergeraient nous attendaient avec impatience. En groupe de deux, nous avions été assignés à des familles, vivant un peu partout dans le village, qui avaient accepté de nous accueillir dans leur maison. Nous avons eu beaucoup de chance, car nous sommes tombés sur une famille extraordinaire et tellement généreuse.

Ce soir-là, par contre, je me souviendrai toujours du choc culturel que j’ai ressenti en raison de la barrière de la langue. Malgré avoir pris deux ans de cours d’espagnol, je n’étais pas suffisamment préparée pour engager une conversation complète. J’ai immédiatement ressenti un mélange d’impuissance et de frustration, car j’étais tout simplement incapable de formuler une phrase complète, ni de trouver les mots pour ce que je voulais dire. Ce problème s’est peu à peu évaporé, car, par instinct de survie en quelque sorte, j’ai fini par comprendre ce qu’on me disait (¡más despacio, por favor!). À la fin du voyage, j’étais même étonnée de constater à quel point ma compréhension et mon vocabulaire avaient progressé!

Le reste de notre voyage, nos journées étaient occupées, du matin jusqu’au soir! Le jour, on se rendait à pied jusqu’à l’école secondaire où on travaillait bénévolement. Notre aide consistait à recycler du papier pour faire du papier mâché qui servirait aux étudiants, leur enseigner le français, leur partager notre culture et principalement, peindre une énorme murale qui allait décorer un mur de l’école. Le soir, on apprenait à danser la salsa et la bachata, on parlait pendant des heures, on se faisait des hennas, on jouait à Loup Garou et à Vérité et conséquence jusque tard dans la nuit. On montait sur le toit de nos maisons et on regardait les constellations sans toute la pollution lumineuse qui nous bloque la vue dans les grandes villes.

Lorsqu’on ne travaillait pas, on visitait les attraits touristiques.

  • On a passé une journée entière à Las Musas, un centre récréatif avec des piscines et un accès à une chute où on pouvait se baigner. Mes amis et moi, étant plus aventuriers, sommes partis à la découverte de la jungle. On a trouvé un sentier et on est partis se promener pendant deux heures. On s’est fait des masques de boues et des couronnes de fleurs. On chantait des chansons de camp et on découvrait de nouvelles espèces végétales.

Tropical

  • On a visité la capitale du Costa Rica, San José. On a fait le tour des marchés aux puces, des musées historiques, des stades de soccer et des églises. Je me suis rendue compte que je préfère de loin visiter la nature que la ville.
  • On a fait de la randonnée jusqu’à Río Celeste, une magnifique chute d’eau. Le sentier pour s’y rendre était très difficile d’accès : beaucoup de roches, abondamment boueux, très glissant et arpenté (on était presque tous nus pieds à la fin de la randonnée). Mais ça en valait totalement la peine une fois arrivés! L’eau sulfureuse donnait à la rivière une teinte turquoise incroyable (sans oublier une odeur d’oeuf pourri, mais ce n’est qu’un détail…).
  • On s’est baignés dans les eaux thermales de Las Laureles. Imaginez des dizaines de spas, pouvant atteindre 111° C, chauffés géothermiquement, ce qui veut dire que la chaleur vient directement du sol. Assez relaxant après une longue journée de marche!
  • Notre famille nous a amenées, le temps d’une journée, à leur chalet à Nagatac. Cette journée était définitivement la plus mémorable de tout mon voyage. On a eu la chance de faire du cheval dans la jungle, voir des dizaines de perroquets aux couleurs flamboyantes, se baigner dans un rivière, savourer des mangues juteuses qu’on venait de cueillir dans les arbres, prendre des chiots dans nos bras et boire directement dans une noix de coco! Pour terminer le tout en beauté, une fois la nuit tombée, on s’est couchées sur un matelas dans l’herbe et on s’est émerveillées devant les dizaines étoiles filantes qui passaient à toute vitesse devant nos yeux. On n’avait pas assez de voeux pour toutes les étoiles qu’on a vues ce soir-là.
  • On a fait l’ascension du volcán Poás, encore très actif aujourd’hui. Au sommet, on était plus hauts que les nuages et un lac bleu clair s’était formé dans le creux de la montagne. On a pu goûter à des fraises qui poussaient sur le volcan, trempées dans du lait condensé et du chocolat – miam!Volcán Poás
Volcan Poas
Volcan Poás
  • On est allés au ZooAve, une réserve d’animaux exotiques : paons, paresseux, perroquets, iguanes, singes, etc.
  • On a fait de la randonnée sur le sentier du Paso del Tigre. Il y avait du brouillard partout. C’était une marche de près de deux heures, avec des champs de chaque coté et des plantations d’ananas et de canne à sucre. On s’imprégnait du mode de vie campagnard qui nous donnait l’impression de sortir tout à fait de la civilisation.
  • Notre dernière soirée, on l’a passée à Playa del Coco. On s’est baignés dans l’eau chaude de l’océan, on a ramassé des coquillages, on a dégusté un cornet, on a fait le boutiques de souvenirs, on a observé le coucher de soleil et on a partagé un souper délicieux sur la terrasse d’un restaurant. Sur notre chemin vers l’aéroport ce soir-là, il y avait un feu de forêt au loin dans les montagnes, on aurait dit que c’était un volcan en éruption.
Playa del coco
Playa del Coco

Ce que j’ai le plus aimé de mon voyage :

  • La richesse naturelle : partout, la végétation est luxuriante et exotique, l’air est pur et l’eau est claire.
  • Goûter à de nouveaux fruits exotiques, des fruits que je ne savais même qui existaient!
  • L’hospitalité de la population : tous les gens qu’on a rencontrés étaient tellement sympathiques et accueillants!
  • Être hébergés auprès de la population locale nous a permis d’explorer la grande diversité de leurs mets locaux : tamal de coco, gallo pinto, arroz con leche, banane plantain, melcocha, etc. J’ai vraiment pu ouvrir mes horizons sur une cuisine savoureuse qui m’a sortie de ma zone de confort.
  • M’ouvrir à une nouvelle culture, vivre selon un nouveau mode de vie
  • Développer de profondes amitiés avec des personnes extraordinaires qui sont encore dans ma vie aujourd’hui grâce à ce voyage

Bref, ceci conclut mon premier récit de voyage (sachez que c’est loin d’être le dernier!). Je recommande fortement le Costa Rica à tous ceux qui apprécient la nature, le plein air, l’exotisme et la découverte de l’inconnu. C’était un voyage mémorable, riche en émotions, en fous rires et en anecdotes inoubliables.

J’ai appris deux leçons importantes pendant mon séjour :

  1. En voyage, il faut apprendre à repousser nos limites, à foncer vers l’inconnu et à s’ouvrir à ce qui nous est étranger. J’ai surmonté mes peurs, je suis sortie des sentiers battus et j’ai découvert des traits de personnalité que je ne croyais même pas posséder.
  2. Les gens avec qui on voyage font toute la différence sur notre expérience. Il faut bien choisir qui nous accompagne et se préparer à faire des compromis pour que tout se déroule bien. Il faut communiquer ses attentes à l’autre et s’assurer de la compatibilité entre nous.

Contre-jour

Travel isn’t always pretty. It isn’t always comfortable. Sometimes it hurts, it even breaks your heart. But that’s okay. The journey changes you; it should change you. It leaves marks on your memory, on your consciousness, on your heart, and on your body. You take something with you. Hopefully, you leave something good behind.

Anthony Bourdain

4 commentaires sur “Explorer le Costa Rica

  1. Wow, ton article m’a tellement fait sourire! Je me suis retrouvé à nouveau avec toi dans ce voyage d’une vie. Merci de nous partager ton écriture qui répand la joie ❤️

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